Les dossiersDossier N° 010Épisode
L'affaire Fenayrou : le secret que deux procès n'ont jamais percé
Chatou, 1882 — le pharmacien, sa femme et l'amant
Au printemps 1882, un pharmacien parisien découvre la liaison de sa femme et lui propose un marché : il pardonnera si elle lui livre son amant. Deux procès n'ont jamais percé le secret du couple.
Chatou, jeudi de l'Ascension 1882. Une femme conduit son ancien amant jusqu'à une maison au bord de la Seine, fait semblant d'ouvrir une porte déjà ouverte et dit : « C'est ici. » Derrière la porte, son mari attend, un marteau à la main. Marin Fenayrou tient une pharmacie rue de la Ferme-des-Mathurins, à Paris. Sa femme Gabrielle l'a épousé par convenance ; elle devient la maîtresse de Louis Aubert, l'élève qui fait tourner l'officine. En mars 1882, Marin découvre la liaison — et, au lieu de la répudier, lui propose un marché : il lui pardonnera si elle lui livre son amant. Deux mois de lettres dictées plus tard, Aubert vient au rendez-vous. On le repêchera onze jours après dans la Seine, au Pecq, nu, ligoté de dix mètres de plomb, la bouche fermée par une épingle.



